PORTRAIT : JEAN-GABRIEL DUCHAMP

“ Rattrapé par l’amour du bois, je me suis engagé auprès des Compagnons du Devoir pour apprendre le métier de charpentier. ”

INTERVIEW DE JEAN-GABRIEL DUCHAMP

Dirigeant de l’entreprise de charpente Martigniat à Firminy (42) et Président d’Inter Forêt-Bois 42, interprofession bois départementale de la Loire.

1• M. Duchamp, pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre parcours personnel ?

J’ai 48 ans, charpentier de métier. Après mon bac, j’ai passé un DEUG de Sciences économiques. Mais rattrapé par l’amour du bois, je me suis engagé auprès des Compagnons du Devoir pour apprendre le métier de charpentier. J’ai validé les différents diplômes, du CAP jusqu’au Brevet de Maîtrise tout en parcourant la France. Cette expérience a duré 10 ans, de 1988 à 1998.
À la suite de mon tour de France, j’ai intégré l’entreprise Martigniat en tant que technicien au bureau d’études, puis en tant que conducteur de travaux, et enfin en tant que chargé d’affaires. Monsieur Martigniat prenant sa retraite, j’ai ensuite racheté l’entreprise avec 2 associés.

2• Comment s’est passé ce rachat ?

Le rachat était plus ou moins entendu à l’avance avec Monsieur Martigniat qui avait préparé son départ en retraite.
Un an avant l’échéance, je me suis associé avec Francis Delolme et Julien Cartal. Avec nos compétences respectives et surtout complémentaires, nous avons relevé le défi en 2009. Reprendre une entreprise est évidemment et heureusement possible, mais c’est compliqué. Cela nécessite une forte anticipation, et une bonne gestion. Une année n’est pas de trop pour préparer la relève, mais surtout nous avons eu la chance d’avoir de bonnes équipes : les salariés nous ont fait confiance et nous ont suivi dans l’aventure.

3• 6 ans après, qu’est ce qui ressort de cette expérience ?

6 ans ça passe trop vite ! Je n’ai aucun regret, car c’est au quotidien un travail d’équipe, pas uniquement celui des 3 associés. Et entre la gestion administrative, technique, financière et sociale, nous n’avons pas le temps de nous ennuyer !
Malgré la conjoncture économique, notre objectif est de continuer à proposer un travail de qualité. Nous insistons d’ailleurs sur la formation des jeunes, qui sont nos salariés de demain. Nous formons du CAP au diplôme d’ingénieur.
C’est pour moi très important cette transmission et acquisition de savoir-faire, certainement un héritage de ma propre formation auprès des compagnons.
Nous avons d’ailleurs en permanence des jeunes en formation  qui font le tour de France dans l’entreprise.

4• Vous êtes président d’Inter Forêt-Bois 42, pourquoi vous êtes-vous investi dans les interprofessions ? 

L’investissement dans le domaine associatif est pour moi indispensable dans le monde des PME. C’est important de mieux connaître les autres acteurs de la filière, et surtout riche d’enseignements car dans notre quotidien, on oublie le lien qui nous unit du bûcheron jusqu’à l’architecte.
Pour ma part, être président de l’interprofession ligérienne, c’est tenter de représenter tous les acteurs du département et agir pour développer la filière, pérenniser les emplois, et favoriser la proximité des marchés, le réseau local. L’objectif au final est de mettre en avant les compétences et potentiels – que ce soit en termes d’humains ou de ressources – départementaux au niveau régional, et avec mes homologues des autres départements et le soutien de FIBRA, œuvrer pour le développement de la filière bois rhônalpine.

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